Maria Teresa Carloni

 

Mystique au service des chrétiens persécutés

 

Didier Rance, diacre, et historien de formation, qui pendant une trentaine d’années a œuvré pour les chrétiens persécutés au sein de l’Aide à l’Eglise en détresse (AED), nous dévoile dans ce livre édité aux éditions Salvator la vie d’une martyre de notre temps.

 

Maria Teresa Carloni (1919-1983) a souffert la Passion dans sa chair et a vécu des phénomènes surnaturels qui lui ont permis d’aider les chrétiens persécutés derrière le Rideau de fer mais ausssi bien au-delà, alors que souvent malade, elle devait rester alitée. Femme d’action, elle est une figure spirituelle qui ne peut pas nous laisser indifférent, reconnu par les papes de son temps. Si Padre Pio est connu en France, Teresa Carloni reste peu connue et mérite que nous nous y interessions. Didier Rance nous fait découvrir la vie bouleversante de cette mystique italienne du XXème siècle.

■ Sa jeunesse

Maria Teresa Carloni est née en 1919 en Italie dans la région des Marches, au moment où ce pays sort exsangue de la Guerre, aggravée par l’épidémie de grippe espagnole. Ses parents, connus pour leur générosité et leur piété, la laissent orpheline, à 3 ans et demi. Recueillie avec son frère de 6 ans son ainée par sa grand-mère paternelle, elle est soumise à une vie très stricte. Maria Teresa Carloni avait un caractère très affirmé, et ne trouvait pas auprès de sa grand-mère l’affection qu’elle réclamait. Dès l’âge de 5 ans, elle a compris qu’il fallait souffrir et aimer, dans la pauvreté de son cœur. Elle montre un amour fou pour Jésus à la Croix. Troublée par le comportement de prêtres chez sa grand-mère, dont les paroles ou la vie lui semblent totalement opposées à la morale ou à la foi chrétienne inculquées par sa grand-mère, elle vit un vrai combat. Elle croit que sa première communion a été salie. Pendant son adolescence, difficile avec sa grand-mère, son combat se poursuit. Elle est habitée de pensées très conflictuelles, pouvant la conduire au suicide. Elle a de nombreuses amitiés et une vie sportive telle que sa détermination à devoir faire l’impossible la conduit au clash avec sa grand-mère. A 17 ans bien qu’elle garde une conscience forte du bien et du mal et la peur du péché, elle ne veut plus mettre les pieds à l’église, tout en lançant un défi à la Croix : « Nous nous retrouverons. »

Au cours de ses études supérieures, elle reste très tourmentée ; littéraire, elle développe sa sensibilité à la dimension morale des relations humaines. Fiancée à 18 ans, elle rompt rapidement.

Elle écrit des poésies et des pièces de théâtre qui traduisent son mal d’être. La tentation d’en finir avec la vie s’accentue, quand tout d’un coup, pointe une lueur lointaine, celle de la charité.

En dépit de la facilité de vie qu’elle pourrait avoir, elle quitte l’université pour faire des études d’infirmière avec l’Ordre de Malte à Rome. Pour servir les autres, les souffrants, les victimes de la guerre. Très rapidement, elle sera nommée infirmière en chef, tout en écrivant une pièce de théâtre, la Patrie avant tout.

Elle se lance à corps perdu dans sa mission d’infirmière en côtoyant avec courage et dévouement la souffrance et la mort des soldats au front et des victimes de bombardements. Elle rencontre un prêtre sur le champ de bataille qui ne sera ni plus ni moins que le futur pape Pie XII. Il ne l’a pas épargnée.

En même temps elle perd toute espérance humaine, elle touche le fond du désespoir quand un jeune médecin, avec qui elle pensait fonder une famille, meurt dans ses bras, lors d’une arrestation en pleine nuit sur le pont du Château Saint Ange.

En Janvier 1944, Urbania est bombardée alors que Maria Teresa y est de retour. Un nouveau drame pour elle qui découvre dans les victimes, nombre de ses amis et connaissances.

La guerre se termine ! Elle étudie la philosophie et découvre de grands philosophes qui lui proposent un idéal avec une vision chrétienne. C’est toujours très difficile pour elle dans sa quête de raisons de vivre. En même temps elle continue d’écrire des poèmes et défend la cause italienne.

■ Sa conversion dans son don radical au Crucifié

Maria Teresa est auprès de sa grand-mère, qui, à 92 ans, décline rapidement et souhaite recevoir les derniers sacrements. Comment ne pas répondre à cette demande ? Toujours révoltée, avec la tentation de donner fin à ses jours, mais retenue par la peur d’offenser Dieu, Maria Teresa profite de cette démarche pour demander à se confesser, en s’y préparant par la prière et les sacrifices. Elle ne cache pas ses mauvais souvenirs avec des prêtres. Après une très longue rencontre avec Don Cristoforo., et avec l’aide de la grâce, elle se convertit de manière foudroyante. Elle est habitée d’une grande confiance et comprend que le prêtre est un homme de Dieu. Sa confiance envers l’Eglise renaît. En réponse à cette grâce et à l’amour du Christ, elle veut « s’abandonner totalement à Dieu, quoiqu’il en coûtera !» Au seuil de la vie de sa grand-mère, Maria Teresa pleure celle qui en réalité a été sa seule Maman. Elle trouvera le courage de retourner au confessionnal et de recevoir le Pain de Vie, qu’elle accueillera, avec des larmes de joie.

Après les obsèques de sa grand-mère, Maria Teresa renonce à fonder une famille, pour se consacrer totalement à Dieu dans le Christ. Elle retrouve la pratique religieuse. A 32 ans, elle se donne entièrement à la volonté de Dieu dans un acte de consécration à Dieu, en prononçant des vœux de chasteté perpétuelle.

Elle est marquée par la vie de sainte Véronique Giulani, clarisse capucine, mystique de l’âge baroque, canonisée en 1839. Elle portait les stigmates et vivait la passion du Christ tous les vendredis. Maria Teresa se met à son école, mène une vie de privations, fait de longues veilles de prières et de mortifications, dans une démarche de réparation. Son directeur de conscience l’invite à mener une vie plus simple dans ce domaine. Elle manifeste un profond désir de repentir pour les fautes passées, a soif d’être au pied de la croix, en demandant à Marie de la faire progresser sur le chemin de la sainteté.

Elle demande au Christ de l’accepter comme « victime. » Elle rédige des cahiers de prières, des commentaires sur la messe et le chemin de croix, les mystères du Rosaire et le Notre Père.

Après avoir eu beaucoup de maille à partir avec les prêtres rencontrés dans sa jeunesse, elle se tourne vers eux et désire offrir sa vie pour eux et leur sanctification, surtout pour ceux qui ne répondent pas à leur devoir d’élus de Dieu, dans leur ministère sacerdotal, et d’élus de la Bienheureuse Vierge Marie. Nombre de catholiques ignorent cette spiritualité de la réparation, remise en lumière par le Cardinal Ratzinger. Voilà ce que Maria Teresa confie à la Vierge Marie :

« Je te demande, en m’offrant chaque jour davantage au sacrifice complet, au renoncement désintéressé, en n’aspirant qu’à être moi-même, comme toi la servante du Seigneur [ …], de m’accepter en tant que victime et de faire de tes élus des Saints.

■ Servir les plus pauvres

Maria Teresa manifeste à nouveau son désir de soigner les souffrants et les plus pauvres, pourquoi pas les lépreux. Cependant, elle ne se sent pas appelée à rejoindre les religieuses qui soignent les lépreux. Elle rejoint le service des malades à domicile des sœurs camilliennes de Milan, chez qui elle ne restera finalement que peu de temps.

En même temps, elle apprend que sa santé se fragilise avec un début de tuberculose pulmonaire et rédige un testament spirituel : « Mon unique richesse est l’amour et de cet amour, je veux vous laisser tous héritiers. Je vous laisse l’héritage de mon Credo… »

Maria Teresa rentre à Urbania, dans les Marches, au moment d’une inondation meurtrière qui dévaste une grande partie de la plaine du Pô. Une institution catholique, recherchant une infirmière, Maria Teresa s’y rend derechef pour proposer ses services. Si les réfugiés sont hébergés dans un lieu idyllique, au bord du lac de Côme, la situation est explosive avec des réfugiés communistes et anticléricaux agressifs. C’est dur pour Maria Teresa, qui, cependant avec son amour empli de zèle, rejoint les cœurs. Avant que les réfugiés retournent chez eux au début de l’hiver, elle organise une procession à la Vierge Marie. Mais qu’elle ne fut pas sa surprise lorsqu’à la fin de la procession, un responsable du Parti met le feu devant la statue de la Vierge Marie .

■ Conformée à la Passion et stigmatisée

Juste après Noël 1951, elle repart en Ligurie, pour la même Œuvre dans un sanatorium pour enfants. Une épidémie se déclare et elle reste trois mois confinée dans l’institution, en consacrant son temps libre à la prière. Au cours de ce séjour, elle commence à être visitée par une présence intérieure, qui s’impose à elle pendant son travail et la plonge dans un profond malaise. Quand elle retourne à Urbania, elle va voir Don Cristoforo pour essayer de comprendre ce qui lui arrive. Elle est en retrait. Elle se sent habitée d’une présence particulière parce que dans son dialogue, elle est invitée à aimer Dieu toujours plus, appelée à une plus grande union avec le Christ. Don Cristoforo aura été témoin d’un dialogue intérieur que Maria Teresa lui a confié. Maria Teresa est prête à une plus grande union avec le Christ en désirant participer à ses souffrances.

Le Vendredi Saint, le 11 Avril 1952, installée secrètement dans la chambre la plus éloignée de la maison, Maria Teresa est visitée par son directeur spirituel. Il est 15 heures. Il constate qu’elle vit la Passion du Christ, en rejoignant toutes les âmes des mystiques qui se conforment à la Passion du Christ. A partir de ce moment-là, ce sont tous les vendredis qu’elle revit spirituellement, moralement et spirituellement la Passion du Christ avec d’atroces souffrances, pour le salut des âmes et spécialement celui des âmes sacerdotales. Sa vie en est toute bouleversée. Maria Teresa fait preuve d’une grande détermination délibérée et d’une simplicité de l’agir qui révèlent en elle un équilibre psychique sans failles, au dire d’un psychiatre qui l’a examinée.

A 33 ans, l’âge du Christ, elle reçoit les stigmates aux pieds, aux poignets, et aux côtes. Elle se montre toujours volontaire et adoucie, elle se rend compte qu’elle ne peut plus mener la vie active qu’elle désirait, entre autres, l’exercice de sa vie d’infirmière. Elle a compris que sa voie était toute autre ; s’offrir à Jésus pour une mission dont elle ne connait pas encore la teneur, mais elle veut continuer à servir comme elle le pourra.

Maria Teresa offre sa vie pour la sanctification des prêtres, centre sa vie sur le Christ crucifié pour « compléter ce qui manque à sa Passion » en associant Marie par la récitation quotidienne à la fin de son chemin de croix, d’une prière qu’elle a écrite. Elle aime Jésus d’un amour fou alors qu’elle l’a haï dans sa jeunesse. Son amour pour Jésus s’exprime par la prière, la pénitence, la charité… Elle a rédigé un « statut pour les âmes victimes » qui font don de leur vie terrestre à Dieu.

■ Mariage Mystique

Le 20 décembre ont lieu ses « noces spirituelles » avec Jésus, en présence de Don Cristoforo, curé d’Urbania, qui fête ce jour-là ses 10 ans de sacerdoce. Maria Teresa déclare : « Jésus accepte d’être son époux, mais il veut que son épouse soit comme Lui : persécutée, bafouée, persécutée, foulée aux pieds dans son corps et son esprit ». Il trouvera sur l’autel un anneau nuptial posé mystérieusement pour elle.

Aux yeux des hommes, elle paraitra en bonne santé, riche, abandonnée de tous et méprisée, pendant que le Seigneur l’accueillera comme « une perle précieuse pour enrichir le Ciel d’âmes. ». Dans sa lutte, son martyre, elle aura toujours préservé sa pureté et le vœu de chasteté.

L’existence et le rôle de cette mystique dans le monde, Maria Teresa, sont regardés d’un œil critique, car son expérience touche au mystère même du salut de l’homme. Dans ses épousailles, elle s’abandonne totalement, et est disposée à souffrir les douleurs les plus violentes pour la sanctification des prêtres, elle qui avait été très tourmentée dans son enfance, particulièrement pendant une confession pour sa Première Communion.

C’est en Janvier 1953 que Maria Teresa qui ne connaissait pas encore ce que le Seigneur voulait d’elle, va commencer à voir le sens de son offrande de soi se préciser. Il lui demande de prendre dans son offrande la Russie et l’Eglise catholique clandestine, ainsi que toutes les nations matérialistes et dominées par l’athéisme : « Si le Seigneur le veut et s’il me donne la force nécessaire, j’accepte. » Son offrande sera plus particulièrement tournée vers les prêtres catholiques en choisissant d’être « une victime » de l’Église persécutée en Europe de l’Est.

De mauvaises langues se sont immiscées dans la vie mystique de Maria Teresa, avec la direction spirituelle de Don Cristoforo . Il a demandé à son évêque de faire taire les ragots, car c’était « un homme juste et honnête, qui ne voulait pas délaisser ses devoirs de prêtre et de curé.

■ Maria Teresa, Apôtre de l’Eglise persécutée, avec le soutien de Pie XII

Au cours de l’année 1953, elle continue à passer des heures de participation à la Passion extrêmement douloureuse pour l’âme de Staline. Il meurt en Mars 1953. Les persécutions qui se déroulaient en Russie avaient pour seul but de faire disparaitre la foi chrétienne : « une vie sans Dieu ! Plus de Dieu ! » Tout va très vite, fermeture des églises, destruction de toutes les formes religieuses et persécution des Eglises latines. Quatre cardinaux et 140 évêques sont emprisonnés ou dans des camps.

Pendant ce temps, Maria Teresa vit une vie cachée. Elle se met à écrire tout en poursuivant l’offrande de sa vie pour l’Eglise du silence, persécutée dans la prière, la pénitence et les souffrances. Le 16 Juillet 1953, elle fait vœu d’obéissance à Jésus devant son père spirituel. Sa principale souffrance puise sa source dans la souffrance spirituelle et morale face au poids du monde. Elle étudie les textes de mystiques telles que Thérèse d’Avila et Sainte Véronique Giulani.

Elle rend hommage à Pie XII, pape angélique et marial, en lui dédiant un de ses écrits sur la vie de la Vierge Marie, intitulé Omnipotente per Grazia e Mediatrice Universale. (« Toute puissante par la grâce et médiatrice universelle ») une longue méditation à partir de l’Evangile de Saint Jean. Elle y joindra la prière de la Vierge Marie, qu’elle dit tous les jours à la fin de son chemin de croix, extrait de son manuscrit Victime et Victimes.

L’année 1954 a été proclamée année mariale par le Pape Pie XII, alors que c’est le centenaire de la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception. Il éveille les esprits sur les « milliers d’âmes qui s’offrent à Dieu dans un holocauste silencieux ». Maria Teresa décide de lui écrire pour lui parler de son don d’elle-même pour les prêtres et l’Eglise du silence et sa volonté d’être Apôtre et Victime de l’Eglise persécutée. Bouleversée par la persécution des chrétiens dans le monde soviétique et même au-delà jusqu’en Afrique et en Asie, Maria Teresa offre sa vie et ses souffrances pour eux.

Elle part même rencontrer, de façon discrète ou supranaturelle en entrant en bilocation (c’est-à dire en étant présente en deux endroits à la fois), les chefs des Églises persécutées et leurs martyrs, les « sans Dieu » s’acharnant et persécutant l’Eglise Catholique de Yougoslavie, de Pologne, de l’Allemagne de l’Est et au-delà. Pour elle, il s’agit d’un appel irrésistible en étant un humble instrument d’une mission qui la dépasse visitant évêques, prêtres et fidèles dans leur clandestinité qui subissent des sévices, des tortures, des chantages et des tentations.

Les grands noms de la résistance spirituelle à l'Est confirmeront tout ce qu'ils lui doivent, comme les cardinaux Wyszynski, Mindszenty, Stepinac, et nombre d'autres évêques. La situation de la Pologne est très difficile. La plus importante Eglise de l’Est européen fléchit avec une population qui semble se résigner. Le cardinal Wyszynski pendant son incarcération, entreprendra la rédaction de ses Vœux de Jasna Gora, pour réévangéliser son pays et faire renaître son Eglise. Au cours de ses rencontres, Maria Teresa vit régulièrement la Passion du Christ, le vendredi. En Septembre 1956, au moment des événements en Hongrie, Maria Teresa revit les « trois heures » à la Passion du Christ, un vendredi à Castelgandofo, sous les yeux du Pape, qui verse des larmes près du lit où elle agonise.

Apôtre du silence, Maria Teresa permettra au Pape Pie XII de recevoir des informations de première main. En Juin 1956, Pie XII, lui remet une lettre apostolique, Dum Maerenti, qu’il publie à l’intention des prélats, prêtres et fidèles des peuples persécutés de d’Europe, reflet de ce qu’il a appris grâce à Maria Teresa.

Elisabeth Poy

 

 

 

 

 

■ Une âme eucharistique

Maria Teresa rencontre personnellement pour la première fois le Pape Pie XII en juin 1955 et vit un temps très fort avec lui, qui sera le signe fondateur de la nécessité de prier pour les Eglises persécutées. Au cours de la consécration de deux hosties, le Seigneur leur montrera un signe fort ; une tâche de sang apparaît sur les deux hosties. Ils tombent à genoux. De cette rencontre est née un lien personnel très particulier avec le Pape Pie XII. En effet, entre 1955 et 1958, le Pape Pie XII la recevra 13 fois en audience. Il la verra pour la dernière fois dix jours avant sa mort.

Après cet événement, la méditation sur Jésus Eucharistie emplit le cœur de Maria Teresa qui écrira des Pensées sur l’Eucharistie. Pour elle, l’Eucharistie éduque l’âme à l’amour. C’est une véritable catéchèse, qui lui permet d’exprimer combien les dimensions personnelles et communautaires se transforment par la communion sacramentelle, jusqu’au moment d’entrer dans la Vraie Vie.

Elle poursuit sa vie de service auprès des souffrants en se montrant d’une grande humilité, avec toujours le désir de se donner corps et âme, voulant même offrir un œil de son vivant.

En 1957, la santé de Maria Teresa soucie son entourage. Elle continue ses voyages et ses communications pae bilocation, au-delà du Rideau de fer. Cependant, ces grands moments spirituels réveillent en elle de plus en plus de souffrances. La douleur des stigmates la paralysie petit à petit. Les atteintes démoniaques ne se font pas attendre.

En marque de reconnaissance et en signe de confiance pour ce que Maria Teresa apporte à l’Église, le Pape Pie XII lui fit cadeau de sa crosse en argent, offerte par Benoît XV pour son ordination épiscopale, ainsi que son anneau et sa croix pectorale contenant un reliquaire des os de Saint Pierre. Maria Teresa ne gardera aucun de ces attributs épiscopaux mais les offrira à des figures marquantes de l’Église du silence, celle qui ne pouvait pas faire entendre ses gémissements, en captivité. C’est ainsi qu’elle offrit la crosse épiscopale de Pie XII au cardinal Wyszynski, Primat de Pologne.

En Février 1958, les attaques du démon se multiplient avec une tentation de suicide presque irrépressible. Les douleurs physiques et les angoisses psychiques et spirituelles l’envahissent particulièrement pendant la messe. Elle subit de violentes tentations, souvent charnelles.

Un jeune prêtre africain récemment ordonné à Rome, un fils spirituel de Maria Teresa, vient célébrer une première messe à Urbania. Il était accompagné de plusieurs séminaristes. Maria Teresa les adopte tous spirituellement et ne manquera pas l’occasion d’agrandir sa famille de « fils » spirituels. Ainsi, elle transformera son désir de maternité humaine en magnifique maternité spirituelle.

Durant l’été 1958, elle part en voyage à Moscou avec le but de rencontrer des responsables de l’Eglise Catholique en Russie, Ukraine et Sibérie. Clandestinement, elle se rendra la nuit dans des catacombes où des messes sont célébrées suivies de longues discussions. De nouveau, à Moscou, elle vivra ses « trois heures » du vendredi.

De retour en Italie, elle rendra visite à Pie XII, malade, fin septembre pour l’informer de l’état de la foi en Union Soviétique. Il meurt dix jours plus tard.

Pendant ces cinq années (1953- 1958) Maria Teresa a colligé trente-huit cahiers sur ces voyages physiques ou en bilocation, ses contacts physiques et surnaturels avec les Eglises persécutées.

■ Voyages et missions au temps de Jean XXIII (1953-1963)

Après la disparition de Pie XII, souffle un vent de changement dan l’Église catholique après l’élection du Pape Jean XXIII. Le nouveau pontife connaît bien la Bulgarie, où il fut nonce avant la domination communiste. Au lendemain de son élection, il prononce un discours condamnant le communisme et les persécutions contre les croyants. Maria Teresa, qui a repris sa vie cachée, félicite le Saint Père avec un télégramme.

Elle vit le Carême dans une grande nuit, où les tentations se fond plus insinuantes, physiques et humiliantes pour son vœu de chasteté. Satan la poursuit. Elle se sent abandonnée, seule. Elle vit ses « trois heures » du vendredi avec une profonde tristesse d’âme, atteinte d’une grande angoisse et d’un désarroi très prégnant. Elle n’écrit plus mais retourne vers le service pour une réunion de l’Association des donneurs de sang qu’elle avait créée. Elle parlera du sens religieux du sang et du don, comme une preuve d’amitié, de la communication de la vie.

Le temps pascal la fait renaitre. Elle ira en Yougoslavie et rencontrera les prélats des quatre Eglises catholiques voisines, la Hongrie, l’Albanie, la Roumanie et la Bulgarie. A son retour, le pape Jean XXIII reçoit Maria Teresa au Vatican. Elle lui confie la réalité de la situation des Eglises catholiques de l’Est. Le pape, très ému la remercie pour son action et lui confie la rédaction d’un mémorandum sur la situation de ces Eglises dans les pays communistes, avec des recommandations qui répondent aux attentes des catholiques persécutés (évêques, prêtres et laïcs) et aussi des non-chrétiens persécutés. Jean XXIII tient Maria Teresa en grande estime. Son secrétaire écrira que « l’héritage de Maria Teresa appartient à toute l’Église »

En 1960, le cardinal Stepinac, archevêque de Zagreb meurt. Elle en sera très abattue et sa santé s’en trouve affectée.

Cependant, elle continue de soutenir ses « fils » adoptifs, prêtres et séminaristes africains et apprend que la situation au Soudan du Sud se dégrade dans la tourmente d’une guerre civile. Elle y part et y visite le séminaire, les écoles et une léproserie pour y apporter des messages d’espérance et de paix. A son retour, elle rencontrera de nouveau le pape Jean XXIII et lui remettra un mémorandum de l’évêque sur la gravité de la situation des chrétiens dans le Soudan Sud.

Sa première rencontre avec le nouvel archevêque de Zagreb, Mgr Seper, sera suivie de nombreuses autres permettant d’établir une forte amitié entre les deux. Il dira de Maria Teresa que c’est une femme qui a des grâces spéciales. Elle poursuit ses voyages à la rencontre des persécutés et accueille à Urbania des visiteurs des Eglises visitées par ses soins, qui viennent rendre grâce. Le Cardinal Wyszynski entend la suggestion de son père spirituel, Don Cristoforo, du bien fondé d’établir une chapelle dans sa maison, car sa santé devenait de plus en plus précaire et que des visiteurs se faisaient de plus en plus nombreux. Le pape Jean XXIII est consulté et autorise l’érection d’un oratoire dans la maison de Maria Teresa, à cause des mérites très spéciaux qu’elle a acquis pour l’Église. La messe y sera dite quotidiennement. Cet oratoire sera dédié à Marie, Mère de l’Eglise du silence. L’autel sera surmonté de la Vierge noire de Jasna Gora offerte par le cardinal Wyszynski . Cette chapelle recevra la visite de nombreux pères conciliaires à l’ouverture du Concile Vatican II.

Elle continue d’offrir ses « 3 heures » le vendredi particulièrement pour la Pologne.

Au début de l’année 1963, l’Eglise d’Ukraine est en complète liquidation. Son évêque, Josyf Slipyj, enfermé plus de 17 ans dans un camp du goulag, expédié à Rome, ordonnera secrètement un évêque pour assurer la continuité de l’Eglise d’Ukraine.

Les bilocations nocturnes se poursuivent en Chine, en Indochine et en Corée du Nord, ainsi qu’avec le cardinal Mindszentry, à Budapest.

Elle offre régulièrement les « 3 heures » pour la sanctification des prêtres de l’Eglise du silence et écrit dans son Journal : « J’ai cru comprendre dans la souffrance que les persécutés, les martyrisés pour leur confession dans le Christ savent résister au martyre. (…). Le martyre bien supporté est héroïsme dans le champ humain, mais transporté dans le surnaturel. Ce n’est pas moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Cette force n’est pas la nôtre. (…) Elle nous est transmise par une grâce naturelle. »

Marie Teresa fait aussi l’expérience de mort imminente qu’elle ne peut maîtriser. Ses ennuis de santé s’aggravent. Hospitalisée, les plus grands représentants de l’Église du Silence sont venus à son chevet. Peu de temps après sa sortie, de retour à Rome, elle est auprès de Jean XXIII mourant, par bilocation. Il laisse un testament à Maria Teresa : « J’ai offert ma vie pour le Concile et pour l’Eglise du silence. Maintenant, je meurs, mais tu dois vivre pour elle. » Il meurt le 3 juin 1963

■ Souffrances et fécondité sous Paul VI et Jean-Paul II (1963-1983)

Si le monde en 1963 semble plus apaisé que les cinq années précédentes, la persécution des chrétiens se poursuit en Europe de l’Est et ailleurs. Maria Teresa poursuit ses voyages en Ukraine, en Sibérie pour enquêter sur l’état de l’Eglise. Le Cardinal Montini est élu pape : Paul VI.

Maria Teresa part en Pologne et y rencontrera Mgr Karol Wojtyla. Elle plaide auprès du Primat de Pologne la cause des Églises gréco-catholiques qui voudraient un évêque. Il lui répond qu’il serait tout de suite arrêté et envoyé en Sibérie.

Elle suit la seconde session du Concile et continue de recevoir les évêques chez elle. Son humilité a grandi en proportion directe de ses souffrances physiques, volontaires et mystiques en se terminant dans la solitude. Elle a suscité beaucoup d’amitié par sa simplicité. Paul VI lui décerne la médaille Pro Ecclesia e Pontifice, la plus haute distinction du Saint Siège. A la fin de l’année 1963, les souffrances commencent à sérieusement marquer son visage et le stigmate de la poitrine se rouvre. Cela ne l’empêche pas de repartir à Zagreb et pendant son voyage, d’offrir ses « 3heures » pour la fidélité des prêtres à leur ministère.

Elle sera reçue en audience par Paul VI. Le pape l’encourage à continuer sa mission selon les termes reçus de Pie XII pour aider l’Eglise persécutée. En 1965, il acceptera qu’elle ait des hosties dans sa chapelle privée. C’est le cardinal Beran, archevêque de Prague, expulsé de son pays après douze années de prison, qui viendra installer le Saint Sacrement dans sa chapelle,

Maria Teresa fut un don de Dieu pour les hommes, une femme « eucharistique ». Elle ne cesse de recevoir les évêques présents à Rome pour la troisième session du Concile. Sa maison se transforme en un « centre insigne » d’apostolat œcuménique, un lieu où tous sont frères dans le Seigneur. Elle apprend au cours de ses rencontres qu’il y a eu des ordinations clandestines.

Si Maria Teresa a eu des velléités de tout quitter pour partir servir les plus pauvres en Afrique, elle en fut vite dissuadée par Paul VI, lui-même, en repartant en Yougoslavie, en Albanie et au Monténégro, en Bulgarie et y rencontre des évêques clandestins. Sa mission, ce sont vraiment les Eglises persécutées. Elle fera aussi un pèlerinage en Terre Sainte avec un évêque clandestin. Tous ces voyages épuisent progressivement Maria Teresa dont l’affaiblissement général la rend de plus en plus vulnérable. Tous les évêques d’Europe de l’Est et d’Afrique qu’elle rencontre lui disent leur souffrance à devoir quitter leur pays.

En 1972, elle participera au pèlerinage marial du 15 Août de de Czestochowa et se rendra à Auschwitz, prier en ce lieu, le Golgotha de la souffrance humaine, du peuple juif et d’autres et ira se recueillir dans la cellule du père Maximilien Marie Kolbe qui a donné sa vie pour un père de famille.

Elle souffre de voir toutes ses campagnes de déchristianisation dans toute l’Europe de l’Est. Elle annule un voyage en Ethiopie, où elle voulait retrouver un de ces fils spirituels africain car son corps est tellement faible qu’elle doit arrêter de donner son sang. L’année suivante, Paul VI la reçoit pour « lui faire un rapport sur l’œuvre de charité envers l’Église persécutée. » Paul Vi est bouleversé et se sent démuni devant une telle situation et lui confie : « Votre apostolat quasi secret et bien délicat pourra durer longtemps… Priez pour moi, car quand on est à une telle place, on a un besoin sans bornes de prières. » Tellement marqué par ce témoignage de Maria Teresa, le pape Paul VI évoquera ce qu’il a appris d’elle à l’Angelus du dimanche suivant en parlant d’une Eglise du silence, de la patience, de l’agonie, privée de la liberté de professer sa foi religieuse. Il rappellera que le vrai sens de la vie, c’est le Christ Sauveur.

A la limite de l’épuisement, elle continue de communiquer par bilocation avec la Biélorussie, pour sauver des prisonniers lituaniens, qui auront pu retourner à Kaunas. Elle sauvera aussi des enfants lettons.

Très éprouvée par la profanation du tabernacle avec des hosties à terre dans l’Eglise d’Urbania et du mépris des sacrements, Maria Teresa vit dans la prière et l’affliction tous les événements qui l’entourent. Paul VI meurt. Si elle envoie une lettre au nouveau pontife, Jean Paul 1er, elle n’aura pas eu le temps de le rencontrer. Mais quelques jours avant sa mort il aura condamné la politique marxiste et le salut en Jésus Christ.

L’élection de Jean-Paul II emplit le cœur de Maria Teresa de joie. Jean Paul II, qu’elle connut à l’époque où il était archevêque de Cracovie, l’encouragera aussi dans ce chemin de vérité, examinant personnellement toute la documentation qu’elle avait remise à Pie XII, un total de 38 cahiers de chrétiens tués et torturés, remis secrètement aux pontifes au fil des années. Il n’y aura plus d’Eglise du silence avec lui. Il soutiendra ses frères et sœurs restés derrière le Rideau de fer et jouera un rôle décisif en les libérant de la persécution. Elle suit de très près l’aventure de Solidarnosc.

La santé de Maria Teresa continue de se dégrader, mais jusqu’au bout témoignera de sa proximité à l’Eglise du silence, en offrant ses souffrances et en accueillant nombre de cardinaux et d’évêques venus célébrer la messe dans sa chapelle.

Le 13 Mai 1981, lors de la tentative d’assassinat de Jean-Paul II par Ali Agca, le Saint Père reçoit une visite de réconfort par bilocation de Maria Teresa, vêtue en infirmière. Elle est aussi accablée par la mort du cardinal Wyszynski , à la fin du même mois.

Ses souffrances sont de plus aigües. Ce n’est que par la grâce de Dieu, quelle pourra les endurer, car humainement c’est terrible, dit-elle. Elle finit par s’éteindre le 17 Janvier 1983, lucide jusqu’au moment de rentrer dans la Vraie Vie.

■ Vers la béatification et canonisation

Maria Teresa Carloni est morte en odeur de sainteté. Les procédures en vue de sa possible béatification et canonisation, ont été ouvertes officiellement le 1er octobre 2016. Pour le postulateur de sa cause, Volodymyr Pashkovsky, sa béatification et canonisation « contribuerait à entretenir l’esprit de la mission particulière que la servante de Dieu exerçait au service de l’Église persécutée, et servirait de modèle à toutes les âmes généreuses de l’Église universelle dans leur engagement quotidien pour le bien de l’Église et le salut des âmes ».

Élisabeth Poix

La mission de Mère Marie Joseph de la Trinité

Marguerite Richard naît en 1888 à Paris. Sa vie est heureuse et religieuse, chez ses grands-parents, pendant ses sept premières années. De retour chez ses parents, qui sont concierges, elle y est rejetée et battue par sa mère. A 14 ans elle est placée comme apprentie couturière, jusqu’à ses 20 ans. C’est aussi à 20 ans qu’elle devient Tertiaire Franciscaine Missionnaire de Marie. .»


Fille-Mère !

Employée ensuite comme « bonne » chez un couple incroyant, le travail très prenant et l’isolement lui font abandonner peu à peu sa piété. Elle se laisse griser par les sorties et les bals. C’est ainsi qu’un soir, un garçon, qu’elle jugeait de confiance, abuse d’elle.

Une fille naîtra, Clotilde, qu’elle doit confier à une nourrice de province avant de rentrer gagner de quoi les faire vivre. Pendant la Guerre de 14, elle survit de peu à de graves maladies. Ne pouvant plus travailler, elle ne peut que rentrer vivre chez ses parents.

Elle écrira dans ses notes imposées par son directeur spirituel : « Il a fallu que je fusse broyée complètement pour céder à son Amour infini qui m’appelait à la perfection, à ne vivre que pour Lui ». « Plus tard elle comprendra que le Seigneur lui avait donné des grâces d’union pendant les années passées chez ses parents et qu’il les avait retirées ensuite à cause de la vie qu’elle menait. », note le P. Destelle.

Grâce à ses neuvaines à Marie, elle retrouve du travail, en 1919, comme sténodactylo.

Consécration définitive

Après de durs combats intérieurs, elle prononce, en 1920, « le fiat de l’acceptation pleine et entière à tous les Vouloirs divins ». Elle a renoncé difficilement à l’amour réciproque – très idéalisé – avec un jeune officier. Elle a si soif de réparer ses années de faiblesse qu’elle accepte toutes les humiliations, les souffrances physiques et morales.

 

Sr Marie-Joseph de la Trinité qui vivra jusqu’en 1964, fondera, en 1935, une communauté d‘âmes-prêtres - : les Sœurs du Sacerdoce Royal de Marie, dont la spiritualité est de « Vivre le Sacerdoce Royal de notre baptême, à la suite de Marie ». Leur mission : Conduire les âmes aux prêtres.

Petit à petit, Marguerite ressent le désir d’attirer les âmes au Seigneur. Elle commence par ses collègues de travail qui l’appellent « Petite mère ». Le 8 décembre 1925, elle fait le vœu de se donner totalement au Seigneur.

S’offrir pour les prêtres

« Oh ! ses prêtres, comme Il les aime et comme ils le font souffrir lorsqu’ils oublient qu’ils sont d’autres lui-même par la mission sacrée qu’Il leur a donnée et qui est un si grand privilège. Ils portent gravement atteinte au caractère sacerdotal qui les avait mis à part…Il ne se lasse pas de les rechercher pour les admettre à nouveau dans l’intimité de son cœur et leur rendre tous les privilèges qu’Il leur avait réservés… ».En 1926, écrit-elle, « Mon Père spirituel (le Père franciscain Chrysostome) vient de me proposer de m’offrir en victime à la Justice… J’ai peur, et tout se contracte en moi à la vision de ce que Jésus pourrait me demander » et d’ajouter plus tard, « C’est fini, j’ai tout accepté et la joie est venue après. Je réparerai pour ses prêtres ». Elle fait profession religieuse la même année, sous le nom de Marie-Joseph de la Trinité. « Après la cérémonie, Jésus m’a placé dans un tel état d’amour avec lui… ». La maladie grandit, elle s’alite définitivement ce qui l’oblige à mettre sa fille en pension.

Elle pense et espère mourir mais finit par accepter de rester le temps qu’Il voudra. Les grandes joies alternent avec les grosses épreuves. « Pratiquer tout dans les plus petites choses avec un abandon absolu à sa Volonté ». ». Parfois, le doute l’envahit : « Suis-je aimée de Dieu, ou suis-je dans l’erreur loin de lui ?

Son union spéciale au sacerdoce

Marguerite a consenti à la proposition du P. Chrysostome d’unir le sacerdoce et la grâce du mariage spirituel. «  L’union fut scellée par un vœu le 20 juillet 1928, la faisant prêtre pour l’éternité », écrit le P. Destelle. Elle aura toujours, par la suite, la certitude d’être prêtre mystiquement mais réellement, malgré les assauts de Satan. « Le soir du 20 juillet, je m’étais vue consacrée par Jésus lui-même… ». C’est un privilège unique. Marguerite écrit qu’elle partage les pouvoirs du sacrement de l’Ordre du P. Chrysostome et lui, la grâce du mariage spirituel.

 Le double Sacerdoce

« Ma mission la voici : faire reconnaître et arriver à la Royauté de Jésus et de Marie dans l’amour par le sacerdoce, sous une forme double que Dieu veut voir établir universellement et, par ce moyen, renouveler dans la charité, toute son Eglise…». Le Seigneur a demandé à Sr Marie-Joseph de la Trinité d’attester : « Marie participe d’une manière éminente au Sacerdoce de Jésus-Christ comme elle participe à sa Royauté… à cause de sa maternité divine. Elle est Reine avec Lui, et elle est élevée d’une manière aussi éminente à la dignité du Sacerdoce, quoique différemment. Son action à elle fut toute invisible, mais réelle. A Jésus le Sacerdoce mais, par participation et relié à Lui, le Sacerdoce invisible pour Marie. Ainsi Dieu l’a voulu dans sa bonté infinie ».

 La vocation sacerdotale de la femme

« Il y a le sacerdoce visible et le sacerdoce invisible, c’est à ce dernier, à la suite de Marie, que les femmes, appelées à cette vocation spéciale, pourront participer, dans l’union avec le sacerdoce visible, qu’elles prépareront et soutiendront… Dieu qui peut seul lui donner la consécration spirituelle mais réelle de l’Esprit saint. C’est un appel secret à la maternité spirituelle. Il faut aussi appartenir à Dieu par les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance…», explique le P. Destelle. « Ce sont des âmes-prêtres… ; C’est une prière, un acte dont l’efficacité est proportionnée aux dispositions de l’âme sacerdotale… ». La Médaille miraculeuse de Catherine Labouré symbolise, à ses yeux, ces deux Sacerdoces. »

M.B. d’Ussel

 

Source : J. Destelle, Petite Mère, vie de Mère Marie-Joseph de la Trinité, Fx. De Guibert