Retraite 2019 à Notre Dame du Laus
prêchée par frère Pascal Haegel
Apôtres du Sacerdoce

Le Seigneur nous invite à être apôtres du sacerdoce. Le Sacerdoce pousse à l’adoration et à la contemplation du Christ car Jésus est le Prêtre par excellence. Tout grand prêtre est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leur relation avec Dieu, afin d’offrir dons et sacrifices pour leurs péchés. Aujourd’hui, il n’y a plus de grand prêtre, mais il y a des Prêtres.

Sacerdoce = secret d’amour

Le sacerdoce est un secret d’amour car c’est l’amour qui fait le sacrement. Nous avons chacun en nous un grand secret : « Jésus vit en moi ». Le sacrifice de Jésus est un sacrifice d’amour, un sacrifice définitif qui se donne à travers l’Eucharistie et ce don de Jésus à chacun d’entre nous est quelque chose de personnel. Le Sacerdoce de Jésus est donc un sacerdoce de pur amour, c’est par l’oblation de son propre corps qu’Il s’est offert une fois pour toutes. Les gestes du prêtre ne sont donc pas seulement rituels ou liturgiques, c’est l’acte absolu, fondamental pour que l’homme renaisse. Demandons une vraie conversion d’amour qui nous permette de bien comprendre d’amour qu’est le sacerdoce du Christ.

 

Sacerdoce du Christ

Pour suivre la voie de l’amour, nous devons scruter le mystère du Cœur du Christ afin que nos cœurs soient accordés à ce mystère. Et ce mystère s’est réalisé à l’Eucharistie. Nous devons vivre l’Eucharistie ! Avec Noé au déluge, l’Arche était la porte par laquelle il fallait passer pour être sauvé. Aujourd’hui, Jésus est la porte par laquelle nous devons passer pour être sauvés. Avec Noé, il a fallu que plusieurs personnes meurent pour un seul homme et avec Jésus, un seul homme meurt pour que tous soient sauvés. Et ce seul homme c’est Jésus, le Grand Prêtre par excellence. Aussi Dieu Lui dit : « Tu es Mon Fils aujourd’hui Je T’ai engendré. » Et devant la perdition de l’homme, Jésus dit à son Père : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni holocauste et J’ai dit, me voici Seigneur pour faire Ta volonté. » Le sacerdoce du Christ a trois dimensions : sacrificielle (Il s’offre en sacrifice pour nous sauver) – prophétique (c’est un enseignement dont nous devons nous nourrir) – royal (pouvoir sacré, divin, qui est communiqué à certains dans le sacerdoce ministériel). Le sacerdoce du Christ a quelque chose de vital, incarné et divin. Il est donné à l’homme sur terre.

 

Sacerdoce du Prêtre

Jésus est le grand prêtre par excellence car il est Prêtre selon l’ordre du Roi Melkicédek. C’est une royauté qui dépasse tous les temps, une royauté sacerdotale. Son sacerdoce est offrande, don, sacrifice, action de grâce pour les péchés. C’est une offrande totale. Et le célibat sacerdotale est une totale offrande, et le prêtre est appelé à être lui-même sacrifice. En effet, le Prêtre est l’homme de l’Eucharistie, l’homme du sacrifice. Sa vie est sacerdotale. Il a reçu l’onction royale, l’onction sacerdotale. Et c’est indélébile ! Le mystère du sacerdoce se perd à cause de la crise de la foi. Or, le mystère c’est la réalité de Dieu. Dieu se donne dans le sacerdoce, d’où le célibat des Prêtres. Il est donc très important de se nourrir de l’eucharistie et laisser le Prêtre être l’homme de l’eucharistie. Lorsque le prêtre dit : « ceci est mon corps, ceci est mon sang », il faut qu’il veuille aussi lui-même cette transformation, et ainsi son célibat prend tout son sens, il devient célibat d’amour en vue du sacerdoce royal au service de ses frères. Le Prêtre est le signe, le témoin du Christ. Il permet d’entretenir notre foi. Le Prêtre n’a de sens que pour Dieu. Et la mesure de l’amour de Dieu nous est donnée par le sacrement de l’amour du Christ : l’eucharistie.

 

Sacerdoce de la créature (homme et femme Il les créa !)

La paternité et la maternité sont de grandes responsabilités sacerdotales. Fonder une famille c’est fonder une petite Eglise. Ainsi, paternité et maternité sont un lieu immense du sacerdoce. L’acte conjugal est sacré car il permet une procréation. Dans l’acte sexuel, il y a une alliance fondamentale de l’homme et la femme avec Dieu car Dieu intervient avant la création →pro-création. Le chrétien est appelé à se mobiliser sacerdotalement pour venir à bout du mal. L’Ap 19, 17 montre que le chrétien est appelé à incorporer l’humanité entière. Les chrétiens sont appelés à digérer l’Eglise. Le sillage du chrétien lui-même, c’est le sillage du sacerdoce d’amour, le sacerdoce ministériel. Ainsi, l’amour n’est pas d’abord efficacité, l’amour est sacerdotale et par ce sacerdoce se réalise la plénitude du Père : dons et multitude de grâces. Et seul, l’Eucharistie peut nourrir cet amour qui vient du Christ.

 

Le sacerdoce de Marie

Marie est le témoin intime de l’amour au point qu’elle est introduite au cœur même de l’amour. Marie est épouse de l’Agneau. Elle est appelée à coopérer jusqu’au bout de l’œuvre que Dieu a décidé de réaliser à travers sa maternité. Marie est Mère du sacerdoce- Mère de l’Eglise – Mère (médiatrice) de toutes grâces. A Cana, Jésus révèle à Marie que sa sollicitation c’est déjà le sacrifice qu’elle demande : « Femme ! Réalises-tu ce que tu me demandes ? Mon heure n’est pas encore arrivée. » « Es-tu prête à t’unir à moi car tu es la seule que Dieu destine à s’unir à mon sacrifice. » « Femme ! Réalises-tu ce que tu es pour moi ? Est-ce que tu consens à aller avec moi dans ce sacrifice ? » Et elle donne son fiat quand elle dit : « faites tout ce qu’Il vous dira. » Alors, Jésus s’offre Lui-même ; le premier né doit être offert à Dieu. Et Marie va offrir son fils à Dieu et s’engager elle-même à cet amour. Le Christ s’engage Lui-même à cet amour. Il est prêtre d’amour car Il s’offre Lui-même, Il offre sa vie. La Croix est le lieu plénier du sacerdoce, c’est là le lieu de notre nouvelle naissance. Et Marie est la première à vivre cette vie sacerdotale. Lorsque Jésus meurt, Marie meurt dans son cœur de mère et dans son cœur d’épouse. Elle est allée jusqu’au bout du mystère de l’amour en vivant son acte sacerdotale.

 

 

Tout comme Marie, le chrétien est appelé au combat. Prier pour les prêtres c’est aller au combat. Porter les prêtres qui souffrent et qui sont en difficulté c’est aller jusqu’au bout du mystère de l’amour, comme l’a fait Marie auprès de Jésus. Ne craignons donc pas nos souffrances car « par mes souffrance, je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Eglise. » Col 1, 24